16/04/2022

Giga-presses d'injection chez Tesla

 


     Pour fabriquer son modèle Y, Tesla utilise des giga-presses, une technologie de moulage sous pression qui lui permet de fabriquer des pièces de fonderies géantes. Tesla a été le premier à utiliser ce processus : la partie arrière du Model Y est désormais composée d’une seule et même pièce principale. Une avancée dans le domaine industriel étudiée avec attention par de nombreux constructeurs, comme Mercedes et Volvo : « Tesla réinvente totalement les usines automobiles et la façon de fabriquer des voitures ».

     Ces presses géantes sont désormais présentes dans toutes les usines d’assemblage de la firme américaine : à Shanghai, Berlin, et Austin. Elles permettent defabriquer en une fois toute la partie arrière du châssis, en injectant un alliage d’aluminium fondu dans un moule géant, soumis ensuite à une pression de 6100 tonnes.


 

Supprimer des étapes de soudure

     Ce procédé permet d’obtenir une seule grande pièce de fonderie, là où plus de 70 pièces soudées étaient nécessaires sur la Model 3. « La technologie de moulage sous pression n’est pas nouvelle, mais elle était utilisée jusque-là pour des pièces plus petites, avec des pressions de 2000 à 2500 tonnes ». « Avec ces nouvelles machines, Tesla évite de nombreuses étapes d’assemblage et de soudage, ce qui lui permet de gagner du temps et de réduire les coûts : environ 10% sur la structure de la voiture », précise un expert automobile.

     Elon Musk a expliqué que les giga-presses permettaient de supprimer 300 robots de la chaîne d’assemblage. « Fabriquer des voitures, comme on fabrique des jouets » dit-il.

     L’utilisation de l’aluminium permet aussi d’alléger les voitures, un atout précieux pour l’autonomie des véhicules électriques. Le constructeur américain compte l’utiliser à l’avenir pour produire également l’avant du châssis, ainsi que les plateaux destinés aux batteries, ce qui lui permettra de supprimer 370 pièces.

Video : https://www.youtube.com/watch?v=FyxRddskyk4

Caractéristiques :

Fabricant : giga-presses actuelles : L’entreprise italienne IDRA Group (filiale du hongkongais LK Technology) fait partie des principaux fabricants de méga-presses.

Type : 6000 t ( ou 8000 t et même prochainement 12000 t)

Masse : 420 tonnes

Temps de cycle : 1.5 mn

Capacité : 1000 pièces moulées/jour. En mars 2021, Tesla revendiquait la plus grosse presse dans le monde : une machine capable d’appliquer une force de 8000 tonnes.

Matière : Alliage d’aluminium et de silicium

Four à 850°


 

Video : visite de l’usine de Berlin : https://www.youtube.com/watch?v=_tii8ET7G8I

Giga-machines pour giga-économie. ?

     Ces giga-presses n’ont toutefois pas que des avantages. « Elles sont adaptées seulement pour les grands volumes, compte tenu des temps de mises au point nécessaires » Les pièces géantes sont aussi compliquées, voire impossibles, à changer en cas d’accident. « Elles ne peuvent être ni redressées, ni remplacées : si elles cassent, le véhicule sera classé en épave par les assureurs ».

     Le patron de BMW a écarté l’idée de produire de telles pièces géantes. En raison non seulement du surcoût des giga-presses, qu’il juge excessif par rapport aux économies réalisées, mais aussi précisément des coûts de réparation trop élevés.

Grandes presses, gros problèmes

     Mais ces nouvelles presses ne seront pas simples à intégrer. Premier problème : les usines existantes n’ont pas forcément l’espace suffisant pour accueillir de tels édifices, et les robots ou ponts roulants tout aussi colossaux qui les accompagnent, rappelle un expert. Il note qu’il est plus simple de « construire l’usine autour des presses ». Autre incertitude : le « manque de recul sur ces machines et leur taux de rendement synthétique », pointe-t-il encore. Pour lui, les presses les plus grosses ne se réparent pas facilement et leurs pannes peuvent immobiliser des usines entières.

Expérience à l’étude

     De nombreux constructeurs étudient l’expérience de la firme américaine : les nouveaux venus chinois NIO et XPENG ont emboîté le pas à Tesla, en commandant des presses d’injection de 12.00 tonnes. Mercedes annoncé son intention de recourir à des pièces de fonderies géantes pour sa vision d’un concept car EQXX. Volvo a annoncé qu’il utiliserait cette technologie pour ses nouveaux modèles dans son usine de Torslanda , en Suède, à compter de 2025. Le patron de volkswagen s’est fixé comme objectif de fabriquer ses futures voitures électriques en 10 heures comme Tesla à Berlin, au lieu de 30 heures pour ses ID3 aujourd’hui. Il n’a pas encore annoncé son intention de recourir à des giga-presses, mais sa décision de construire une toute nouvelle usine à Wolfsburg lui permettra d’en intégrer si besoin.

Tesla a trouvé le moyen de :

-          Baisser les couts de production

-          Construire des voitures plus rapidement

-          Améliorer la structure et l’autonomie des véhicules

Et en France Renault  et Stellantis envisagent-ils l’utilisation de ces giga-presses ?

 Complexes et coûteuses, ces machines pourraient devenir incontournables pour diminuer le coût de production des voitures, et intéressent tout le secteur.

(à partir de l’article d’Anne FEITZ des Echos)

Bonne maintenance.

Olivier


 

16/12/2021

Comment associer l'Intelligence Artificielle à la cobotique industrielle

 

   


 


Je vous propose de faire la connaissance d’une startup bordelaise Cog-Engines qui n’est pas un fabricant de robots mais qui est capable de doter les robots industriels d’un algorithme propriétaire. Petit à petit ces robots vont interagir avec les opérateurs sur les lignes de production et entrer dans un processus d’apprentissage jusqu’à réussir la tâche qui leur incombe.

Comment ça marche ?

1) Un algorithme d’apprentissage basé sur le fonctionnement du cerveau.
     La technologie d’Intelligence Artificielle (IA) développée par Cog Engines reproduit le fonctionnement de la mémoire épisodique et sémantique du cerveau.
Branchée sur des milliers de signaux numériques, elle observe ce qui lui est proposé et reproduit le comportement désigné ? Un système de gratification conduit à cristalliser dans la mémoire les éléments ayant influé de manière majeure sur l’action. En quelques gratifications l’apprentissage est finalisé.
     Les éléments appris forment un enchainement d’actions prédictibles et répétables dans le temps.

2) Un algorithme inspiré de l’apprentissage des animaux
     L’inspiration de Cog Engines repose sur la manière dont les animaux apprennent.
« Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’intelligence artificielle, je me suis documenté, j’ai regardé comment les réseaux de neurones pouvaient être entrainés, comment se déroulait le renforcement…. Et j’ai cherché à comprendre comment les animaux apprenaient rapidement », explique Sébastien Lissarre CEO de Cognitive Engines et ingénieur ENSEIRB-Matmeca.
     Tous les possesseurs de chien le savent : la récompense est un formidable moyen pour accompagner l’apprentissage des canidés et Sébastien Lissarre l’a également appris avec son compagnon à pattes. Rien de surprenant donc, si les robots équipés par Cognitive Engines fonctionnent eux-aussi à la récompense.

     « On est calé sur le biomimétisme et le renforcement. L’opérateur sur la ligne de production va montrer quoi faire. Le robot va l’observer puis chercher à reproduire et affiner le geste. Lorsqu’il réussit, l’opérateur va le « récompenser » avec le bouton vert, s’il se trompe ce sera le bouton rouge. L’algorithme va se créer une sorte de bibliothèque d’exemples dans laquelle il va aller puiser lorsque plusieurs évènements s’enchainent. Si des variables apparaissent, le robot peut se tromper en rapprochant son action d’une ligne chronologique d’évènements passés. Mais plus il va répéter les tâches, plus il sera corrigé, et meilleur il sera. »

 

Regarder les vidéos suivantes :
 https://www.youtube.com/watch?v=s3e95Rz9Igo
https://www.youtube.com/watch?v=hAh98qZsBm0

3) Quelques applications

- Prise de composants
- Prise de cartes électroniques
- Flaconnage (santé)
- Cog Engines va implanter son IA au sein du site industriel de VDLV, fabricant de liquides pour les cigarettes électroniques.
     Les applications sont multiples : manipulation de charges lourdes, réduction de temps de changements entre séries… Multiplateforme, l’algorithme peut fonctionner sans connexion internet ni serveur distant. Surtout, et c’est ce qui fait son intérêt : les opérateurs sur site de production n’ont ni à entrer la moindre ligne de code, ni à piloter d’interface complexe. Une simple démonstration du geste à effectuer suffit.

4) Et maintenant ?


On aura retenu :
- Flexibilité : les moteurs cognitifs s’appliquent à de nombreux domaines : production, services, interfaces utilisateurs. Partout où de l’apprentissage et de l’adaptation en temps réel est nécessaire.
- Compatibilité : c’est une solution multi-plateforme : cette solution peut être intégrée dans un PC pour le moment. Mais il est envisagé de pouvoir aussi l’intégrer sur une tablette Android, un téléphone portable.
- Confidentialité : L’algorithme peut fonctionner sans connexion internet ni serveur distant. Les données de l’entreprise sont ainsi conservées.
- Simplicité : la formation des opérateurs est vraiment succincte.


     Cognitive Engines explore un autre secteur que l’univers industriel : le jeu vidéo. « Chaque personnage de notre catalogue est équipé de notre technologie d’IA qui reproduit le fonctionnement de la mémoire épisodique et sémantique du cerveau. En sélectionnant un des comportements de base de notre catalogue, les développeurs de studio de jeux vidéo peuvent les configurer selon leurs besoins, puis les télécharger directement dans leurs jeux vidéo. De cette manière, le temps de développement de chaque personnage est réduit, de même que les coûts associés, et chaque personnage est de plus doté d’une réelle capacité de mémoire et d’interactions » précise Cognitive Engines.

     Cette startup, composée aujourd’hui de 8 personnes, souhaite devenir un leader européen de l’Intelligence Artificielle. Leurs 3 cofondateurs se sont engagés dans une levée de fonds pour accélérer leur développement.

     On leur souhaite bonne chance, pleins de projets, beaucoup de clients et longue vie.
Olivier

 

 

 

20/03/2021

Connaissez-vous ce site spécialisé Maintenance?

       C'est avec plaisir que nous faisons sur notre blog un peu de publicité pour un site Internet dédié à la maintenance : https://www.maintenancia.com/

 

La maintenance industrielle, un marché porteur en termes d’emploi...

     Le marché de la maintenance est porteur. Les industriels sont en recherche permanente de profils de techniciens de maintenance et d’ingénieurs, difficiles à trouver. Afin de faciliter la mise en relation, un site dédié au recrutement sur ces métiers propose de réunir au même endroit l’offre et la demande.

     Lancé en septembre 2013 par deux entrepreneurs de la région paloise, MAINTENANCIA (anciennement :  Emploi-MaintenanceIndustrielle) est un site internet de diffusion d’offres d’emploi spécialisé.

     L’idée de lancer cette plateforme internet de mise en relation directe entre industriels et candidats est née d’un constat terrain : « J’ai moi-même souvent été confronté à ce casse-tête lorsque j’étais responsable maintenance chez Rhône Poulenc Rhodia et ensuite à la direction de PME industrielles » explique Miroslav Lukic, co-créateur du site.

Le travail de référencement auprès des moteurs de recherche, de présence à des salons professionnels et étudiants, d’interventions en conférence et de création d’un réseau avec les écoles fait la notoriété et le succès de cette plateforme.

     Des entreprises comme EDF, SNCF, ELIS, Fives utilisent les services de ce jobboard depuis plusieurs années maintenant. Les candidats peuvent aussi consulter les annonces de PME industrielles qui gagnent en visibilité grâce à ce site.

     En recherche d’un nouveau challenge ? Rendez-vous sur Maintenancia.com pour découvrir les dernières offres ou déposer votre CV !

https://www.maintenancia.com/

 

Nous avons la chance et le plaisir de voir notre Club des ingénieurs de maintenance faire partie maintenant des communautés intégrées à cette plateforme Maintenancia. Vous pouvez y regarder une video sur mon interview par Miroslav Lukic au sujet des compétences demandées à un responsable de maintenance :

https://maintenancia.com/page/view-post?id=40

Bonne maintenance

Olivier